UN PETIT MOT DE NOS SPONSORS…
by Ploum on 2026-06-26
https://ploum.net/2026-06-26-sponsor-canicule.html
Comme pour les stades ou les équipes cyclistes, il est important de
nommer les vagues de chaleur et les canicules selon les sponsors qui ont
rendu cela possible. C’est après tout la moindre des choses.
Ne dites plus « la vague de chaleur de mai 2026 » ou « la canicule de
juin 2026 » mais « la canicule Bolloré 26 » et « la canicule
TotalEnergies 26 ».
Avouez que « TotalEnergies 26 a déjà fait 115 morts » en gras dans la
presse, ça fournit une belle visibilité médiatique au sponsor !
Du coup, Patlabar s’est improvisé public-reléchionne pour les sponsors
et a fait de chouettes stickers à imprimer et à coller là où le rappel
est le plus utile. J’espère qu’il va leur envoyer sa facture.
La canicule de juin 2026 vous a été offerte par TotalEnergies.
https://ploum.net/files/sticker_total.png
Il a également fait les stickers pour celle de mai :
La canicule de mai 2026 vous a été offerte par Bolloré.
https://ploum.net/files/sticker_bollore.png
Et il prévoit déjà celle de juillet :
La canicule de juillet 2026 vous a été offerte par Lafarge.
https://ploum.net/files/sticker_lafarge.png
En 2026, TotalEnergies a clairement écrasé Bolloré. Lafarge pourra-t-
elle tenir le niveau ? Rien n’est moins sûr, les supporters lancent déjà
les paris.
Pour les prochains stickers, vous pouvez suivre Patlabar sur Mastodon:
@patlabar sur Mastodon
https://h4.io/@patlabar
PS: À propos de sponsor, l’équipe cycliste Israël-Startup Nation avait,
en 2025, subit les foudres du public sur la Vuelta, entraînant son
retrait de l’épreuve et le changement de sponsor pour 2026. Je me
demande si on verra un jour des protestations similaires pour des
équipes comme TotalEnergie ou Uno-X, qui sponsorisent le vélo en vendant
de l’essence.
QUCOCOMA PHILIPPE SAMYN ?
by Ploum on 2026-06-01
https://ploum.net/2026-06-01-samyn.html
J’apprends avec tristesse le décès de l’architecte Philippe Samyn, un
esprit incroyable aux idées fulgurantes avec qui j’ai eu de longues et
passionnantes discussions.
Philippe Samyn - Wikipédia (fr.wikipedia.org)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Samyn
Car l’architecture était pour lui une porte d’entrée vers une
compréhension plus globale du monde. Comme lorsqu’il m’a asséné :
> — Le monde entier ne tourne qu’autour d’une seule et unique unité, qui
est le cœur de tout.
> — Euh, le dollar ?
> – Tu me déçois Lionel ! C’est le joule bien entendu. Tout tourne
autour du joule. Produire, stocker, échanger des joules. La monnaie
internationale devrait être le joule ! Les puissants sont ceux qui
exploitent la différence entre le dollar et le joule, les faibles ceux
qui fournissent des joules pour rien ou si peu.
Ou cette discussion qui me revient régulièrement où il m’exposa que
l’architecte devait construire des « ruines utiles ». Car un bâtiment ne
va être utilisé que 50, 100 ou 300 ans. Mais ses ruines durent parfois
10 ou 100 fois plus longtemps. Certaines ruines dureront autant que la
planète ! L’essentiel de la vie d’un bâtiment se fait à l’état de ruine
et il faut le prévoir dès la conception.
Avant de le rencontrer, je n’avais jamais envisagé les choses sous cet
angle. Ce qui m’a frappé en généralisant son discours, c’est à quel
point le fait de tenter d’oublier l’étape des ruines est la maladie qui
pourrit l’humanité tout entière à tous les niveaux.
Nous produisons, nous tentons de produire plus et plus rapidement sans
jamais nous préoccuper de ce que nous allons faire de toute cette
production. Nous en sommes au point d’automatiser la production
d’images, d’écrits et de code informatique avec les chatbots sans nous
poser la question des ruines que nous préparons.
Depuis plusieurs années, chaque fois que j’ai envie de me procurer un
bien matériel, je me pose consciemment deux questions : « Où vais-je le
ranger ? » et « Comment vais-je m’en débarrasser ? ». Penser
consciemment à cette question au moment de l’achat rend l’achat en lui-
même extrêmement anxiogène. Philippe Samyn avait lui poussé cette
réflexion jusque dans la conception des bâtiments.
Mais l’ingénieur architecte était également un artiste attaché à son
œuvre. Lorsque mon épouse et moi avons un jour critiqué « son » Aula
Magna, bâtiment emblématique de Louvain-La-Neuve coincé entre un cinéma
et un hôtel, il nous a déroulé, des larmes pleins les yeux, le plan de
Louvain-la-Neuve tel qu’il l’avait imaginé et comment l’Aula Magna
aurait du s’intégrer dans une superbe perspective bien plus vaste et
cohérente. Une boule de colère et de tristesse dans la gorge, il nous a
expliqué comment son projet avait été complètement dénaturé en n’en
prenant qu’une partie et en l’encadrant d’autres immeubles qu’il
trouvait hideux.
Philippe Samyn m’avait fait l’honneur de me compter parmi les bêta-
lecteurs de l’œuvre de sa vie : un ouvrage exhaustif sur l’architecture
et la société humaine, projet qu’il avait intitulé: « Qucocoma, Quoi
Comment Construire Maintenant ».
Je lui avais prédit que cette œuvre risquait de ne jamais être achevée
tant elle était ambitieuse, qu’il fallait absolument la publier par
petite partie sous peine de laisser cette tâche à ses héritiers.
Je ne pensais pas avoir raison si tôt…
Philippe Samyn s’est éteint, mais le territoire reste à jamais marqué
par ses idées.